vendredi 28 mars 2014

une escapade à las terrenas


ça fait longtemps qu’on attend ça, mais le moment est enfin venu : Marilou s’en vient nous rejoindre DEMAIN ! elle atterrit à 13h30 à l’aéroport las americas, à santo domingo, après quoi on embarque dans un autobus caribe tours en direction de la péninsule de samaná. on est excités en maudit !


l’autobus va nous laisser à sánchez, où on devra prendre une guagua ou un taxi pour nous rendre jusqu’à las terrenas.


mercredi 26 mars 2014

le boute d'la marde

ça fait qu’on est allés faire un tour chez le doc après que Stéphane et Andrée-Anne avaient passé la nuit à faire la navette entre le lit et la toilette en grelotant de fièvre tandis qu’on n’avait pu d’eau depuis trois jours.

[la vaisselle allait
s’empilant sur le comptoir de
la cuisine
et les bols
se remplissant
et nos corps
s’encrassant]

c’était d’une expérience (le doc je parle) !

prenez Stéphane, assis tout faible dans le cabinet du médecin, visage blême et cheveux en bataille en guise de sortez-moi-de-moi (merci Daniel). il attendait du docteur qui était en train de lire sa fiche médicale un commentaire sur ses symptômes, un diagnostic, quelque chose qui aurait mené rapidement vers une prescription, i.e. un soulagement.

« de toute façon, pas besoin de feuille : juste à voir ta face je peux dire que t’es déshydraté… [Stefloune a souri mollement] mais si vous êtes du Québec, c’est que vous êtes de l’endroit où ils veulent faire l’indépendance, non ? »

et le doc de nous parler d’indépendance pendant dix minutes ; de la nécessité de faire la part des choses entre ce qu’on veut dans la vie et ce qui nous convient ; du besoin qu’ont les indépendantistes d’écrire des listes de pour et de contre pour se rendre compte que ça a pas de bon sens, leur petit projet émotif.

« riez pas, je suis sérieux ! moi, quand je dois prendre une décision importante, j’écris des listes. et je me rends vite compte de la bonne décision à prendre… qui est rarement celle que je veux, mais celle qui me convient. »

maudit on était tombés sur un médecin moralisateur qui, en plus de pas savoir de quoi il parlait – à propos du québec je veux dire (parce que les listes, c’est plutôt cool) –, essayait de nous amadouer en nous disant qu’il avait déjà vécu aux états-unis. eille, une chance ! pis comme il parlait super bien l’anglais, il avait dû lire cet article-là du globe and mail pis trouver ça inquiétant (les québécois, c’est des méchants, méchants, méchants, zombies, méchants !).

alors on est restés quelque chose comme une heure et demi dans le cabinet du médecin, à parler de tout sauf des deux malades, ou à peine, et à écouter les blagues douteuses du docteur qui, au final, devait se réjouir d’avoir enfin des patients à traiter (les journées sont longues pour un doc de clinique privée). mais pour étirer la sauce, il l’a étirée, tout en riant de ses propres jokes de caca :
« est-ce qu’il doit y avoir beaucoup de caca dans mon échantillon ?
-  tu peux manger le reste, si tu veux !
- !?!?!
- hehehehehe »

ah ben oui, c’est parce qu’il a fallu aller faire des tsites crotts dans des tsi pots, dans une salle de bain de laboratoire où y’avait même pas d’eau, ni pour flusher, ni pour se laver les mains. ça fait que c’est ça qui est ça qui est beau sous le soleil de la dominicanie. avec des p’tits vers pis des p’tits œufs dans les intestins des deux pas chanceux qui ont mangé un chow mein mixto dans le quartier chinois y’a deux semaines.

mardi 18 mars 2014

rhum & coke & marde

les bouchons c’est parfait et les coquerelles c’est fini, mais ces jours-ci c’est peu dire qu’on avait les deux pieds dans la marde. on a pensé vous épargner les photos parce que c’était pas en soi de toute beauté, ni de tout parfum… reste que le plombier vient de partir et que, maintenant, les toilettes flushent et les drains ne débordent plus des fruits de nos travaux intestinaux. je dis travail parce que c’est pas toujours facile de ce côté-là non plus, comme la fin de semaine où Stéphane et Andrée-Anne se sont claqués un empoisonnement alimentaire après avoir mangé un chow mein du quartier chinois… ah oui, c’était la même fin de semaine où Stéphane s’est fait cloner sa carte débit et vider sa marge de crédit. tout cas !

le rhum & coke c’est pas mal notre dada côté boisson, le remède à toutes nos petites contrariétés. y’a pu d’électricité, y’a pu d’eau, y’a pu de bouffe ? rhum & coke ! y fait chaud, la marde explose de partout, ça pue ? rhum & coke ! t’es tanné de pomper, d’avoir les mollets enduits de liquide brun, tes gougounes sont bonnes pour la poubelle ? rhum & coke !

rhum & coke !
rhum & coke !
rhum & coke !

mais faut pas se leurrer, on garde le moral, même qu’à part ça tout va très bien. la vie est belle sur el conde et dans les rues colorées de la zone coloniale. il fait bon s'y promener à la brunante lorsque voyageurs comme locaux s’agglutinent aux terrasses du quartier pour finir tranquillement la journée un verre à la main.

samedi 1 mars 2014

euskarduna


c’est après avoir roulé une vingtaine de minutes à travers les champs de canne à sucre qu’on s’est retrouvés à euskarduna, un petit batey où vivent environ trois cent personnes. réunies dans la petite école de la communauté, les adolescentes attendaient depuis un moment déjà notre arrivée. même que certaines d’entre elles, voyant l’heure du midi approcher, avaient dû quitter et aller préparer le repas pour leur famille.

cette réunion lançait le projet de l’atelier de couture. A. donnait aux jeunes mères l’opportunité d’apprendre à coudre, et leur présentait l’homme qui serait leur professeur pour les quatre prochains mois. dans la pièce d’à côté avait été emménagé l’atelier, composé d’une dizaine de vieilles machines à coudre.

à tour de rôle, nous nous sommes présentés. quelques enfants se faufilaient ici et là entre les chaises, s’agrippant à une jambe ou tendant les bras vers leur mère. un instant, un bébé commençait à chigner. l’instant d’après, il tétait le sein de sa mère, tandis que celle-ci nous expliquait les raisons de son engagement dans l’atelier.

sur les lèvres de toutes ces jeunes femmes : pasar adelante. aller de l’avant. elles disaient avoir hambre de aprender. pour maîtriser la technique, pouvoir vivre de leur métier et nourrir leur famille.