c’est
après avoir roulé une vingtaine de minutes à travers les champs de canne à
sucre qu’on s’est retrouvés à euskarduna, un petit batey où vivent environ
trois cent personnes. réunies dans la petite école de la communauté, les
adolescentes attendaient depuis un moment déjà notre arrivée. même que certaines
d’entre elles, voyant l’heure du midi approcher, avaient dû quitter et aller
préparer le repas pour leur famille.
cette
réunion lançait le projet de l’atelier de couture. A. donnait aux jeunes mères
l’opportunité d’apprendre à coudre, et leur présentait l’homme qui serait leur
professeur pour les quatre prochains mois. dans la pièce d’à côté avait été
emménagé l’atelier, composé d’une dizaine de vieilles machines à coudre.
à
tour de rôle, nous nous sommes présentés. quelques enfants se faufilaient ici
et là entre les chaises, s’agrippant à une jambe ou tendant les bras vers leur
mère. un instant, un bébé commençait à chigner. l’instant d’après, il tétait le
sein de sa mère, tandis que celle-ci nous expliquait les raisons de son
engagement dans l’atelier.
sur
les lèvres de toutes ces jeunes femmes : pasar adelante. aller de l’avant. elles disaient avoir hambre de aprender. pour maîtriser la
technique, pouvoir vivre de leur métier et nourrir leur famille.

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