alors
voilà qu’en désespoir de cause, nous avions écrit à Adela pour lui faire part
de notre problème de cucarachas. c’est que, malgré notre acharnement à frotter
et à pouch-pouter tous les fonds d’armoire depuis trois jours, elles
continuaient à apparaître, les maudites ! en quelques minutes seulement, Adela
nous avait répondu qu’elle contacterait dès le lendemain un fumigateur, et s’excusait
pour cet inconvénient typique des pays tropicaux.
David,
l’homme à tout faire d’Adela, un jeune homme sympathique avec un brin d’attitude
– casquette déposée sur la tête avec la palette un peu croche – est donc apparu
ce matin avec le fumigateur. il est cool David. on a de la misère à le
comprendre dans son langage de post-adolescent qui mâchouille un peu ses mots,
mais en vrai ça pourrait être notre ami. on pourrait sortir avec lui dans les
bars en-dessous de chez nous et apprendre à parler comme lui. il fait son tough
mais dans le fond on sait qu’il a un cœur tendre.
sauf
que, on va se l’dire, le fumigateur, c’était plutôt l’ami d’Adela. ou l’oncle
de David. ou le gars connu du gars connu du gars… bref, le genre de gars qui
est trop pas fumigateur dans vie. il est entré en homme heureux dans l’appartement
en nous souhaitant la bonne journée, tout excité d’avoir à tuer des coquerelles.
il avait apporté un produit hyper fort et on les entendait, lui et David, tousser à s’en arracher les poumons tandis qu’ils en aspergeaient toutes les
pièces. elles vont toutes crever, il
disait, le faux fumigateur. si elles
crèvent pas, tu m’appelles, je reviens avec une bombe !
finalement, le
grand homme bonasse, il s’est tanné un peu vite de pouch-pouter. tuer des coquerelles, c’était peut-être pas si excitant que ça dans le fond. ça fait qu’il a
refilé la bouteille à David et il n’a plus arrêté de nous jaser et d’essayer de
nous vendre un lift à la plage pour 1800 pesos : je viens vous chercher à 8h ici, je vous laisse à la plage, vous passez
la journée là-bas, je reviens vous chercher à 5h et je vous ramène ici. 1800
pesos. belle auto, air clim, sécuritaire. siempre a la orden !
ouais
oké, on va payer 50$ pour un lift de luxe alors qu’on peut prendre le transport
public pour 140 pesos (~4$) aller-retour… et essayer… de grimper dans la mini-van
déglinguée… toujours en mouvement…
«
à go, saute… GO ! »